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Auteurs à Barcelone de leur second doublé, après celui de Melbourne pour le premier Grand Prix 2009, les Brawn GP de Jenson Button et Rubens Barrichello survolent ce début de saison en F1. Avec déjà 68 points au classement constructeurs, l'écurie britannique, 29,5 points devant son dauphin Red Bull, est largement dans les temps pour espèrer décrocher le titre mondial en fin d'année. Pas mal pour une équipe officiellement créée voilà à peine deux mois...

A la tête de la structure, Ross Brawn ne peut retenir son bonheur. Lui qui a déjà tutoyé les sommets en remportant le titre avec Benetton (1995) puis Ferrari (99 à 2004) est en effet en passe d'écrire l'une des plus belles pages d'une discipline qui ne manque pourtant pas de légendes. Car, depuis les débuts de la Formule 1 en 1950, jamais une écurie n'a pu remporter le championnat dès sa première saison dans les paddocks. Bien sûr, Brawn GP doit beaucoup à Honda, qui a porté l'équipe avant de jeter l'éponge en décembre dernier pour cause de crise économique. Mais la performance n'en reste pas moins unique, d'autant que la structure japonaise n'avait jamais pu briller depuis son retour en 2006 (14 petits points au total l'an passé...).

Depuis la création du championnat du monde, en 1958, onze constructeurs différents ont déjà été sacrés. Aucun dès sa première année. Retour en arrière.

Vanwall (1 titre, 1958) : si l'équipe de Tony Vandervell, qui avait fait fortune des les roulements à bille, remporte le tout premier trophée mis en jeu, elle participait au circuit depuis déjà quatre ans. Malheureusement, les problèmes de santé de son propriétaire ont eu raison d'elle. Vanwall jetera l'éponge après un ultime tour de piste à Reims en 1960.

Cooper (2 titres, 59, 60) : l'écurie de Charles Cooper et fils, sur le circuit dès 1950, a permis à Jack Brabham de remporter ses premiers lauriers. Et deux doublés pilote-constructeur pour des voitures réputées pour leur vitesse de pointe. De gros changements de réglement dès la saison suivante eurent pourtant raison de l'équipe, à qui l'on doit quand même la création de la mythique Mini Cooper...

Ferrari (16 titres, de 61 à 2008) : Brawn GP est certes encore très loin du palmarès du géant transalpin, présent sans discontinuer en F1 depuis 1950. Reste que, dans une discipline où l'on compte surtout sur le présent, Ferrari doit un peu regretter le temps de Ross Brawn, ingénieur en chef sous les ordres de Jean Todt de 96 à 2006.

BRM (1 titre, 62) : Comme Vanwall, British Racing Motors savait tout faire. Châssis et moteur d'exception ont ainsi permis cette année 1962 à Graham Hill (seul pilote de l'histoire auteur du triplé championnat du monde de F1, 500 miles d'Indianapolis et 24h du Mans) de remporter son premier titre majeur et à l'écurie de Bourne de décrocher le titre constructeur, onze ans après ses débuts en F1.

Lotus (7 titres, de 63 à 78) : Aussi légendaire que Ferrari, l'écurie britannique a tout gagné, en F1 comme aux Etats-Unis, entre 1962 et 78. Il lui aura pourtant fallu six ans de présence dans les paddocks avant de décrocher le titre constructeur. L'équipe poursuivra à forger sa légende en lançant notamment un rookie du nom d'Ayrton Senna, avant de disparaître dans l'anonymat à l'issue de la saison 94. Triste pour le sport automobile...

Matra (1 titre, 69) : Avant Renault, le Matra de Jean-Luc Lagardère a hissé haut les couleurs de la France. Brillante en F3 et F2, l'écurie décide de franchir le pas en 1968. Jackie Stewart est alors sacré champion du monde des pilotes. L'année suivante, Matra décroche, en collaboration avec la structure britannique de Ken Tyrrell, le titre constructeur.

Tyrrell (1 titre, 71) : Déjà sacré deux ans auparavant grâce au partenariat avec les Français de Matra, Ken Tyrrell décroche le titre sous son nom en 1971, trois ans après son entrée dans l'univers de la F1 (mais seulement un an après être devenu un constructeur à part entière en tant qu'écurie officielle). Tyrrell restera présent jusqu'en 1998 et son rachat par British American Tobacco, qui deviendra ensuite Honda puis... Brawn GP. Ken Tyrrell, décédé d'un cancer en août 2001, peut être fier de son successeur.

McLaren (8 titres, de 74 à 98) : Avant de devenir une gigantesque structure internationale sous le nom actuel de "Vodafone McLaren Mercedes", l'écurie était avant tout le fruit de la passion d'un Néo-Zélandais appelé Bruce McLaren, qui avait débuté en F1 en 1966 à Monte-Carlo. Huit ans auront donc été nécessaires à l'équipe avant de remporter le premier de ses huit trophées. Un certain Ron Dennis rejoindra les rangs de McLaren en 1981, en faisant l'un des leaders du sport automobile actuel.

Williams (9 titres, de 80 à 97) :
Comme pour McLaren, Williams, fondée par un jeune passionné du nom de Frank Williams a d'abord été une affaire de passionnés. Débarquée officiellement en F1 en 1978 après quelques apparitions sporadiques la saison précédente, l'écurie ne tarde pas à faire parler d'elle grâce aux talents combinés de son fondateur et de l'ingénieur Patrick Head. Bilan : neuf titres de champion et une présence ininterrompue depuis.

Benetton (1 titre, 95) : Le dernier des Mohicans. Alors que les constructeurs les plus riches se partagent les honneurs depuis le milieu des années 80, l'écurie de la famille du même nom, drivée par Flavio Briatore, intègre le circuit en 1986. Cinq plus tard, un jeune ingénieur du nom de Ross Brawn rejoint la structure. Associé à Michael Schumacher, l'Anglais fait des merveilles. Benetton remporte les titres pilotes en 94 et 95 et le titre constructeur. De quoi susciter l'appétit de Ferrari, qui débauche les deux hommes pour une fortune...

Renault (2 titres, 05, 06) :
Une première pour la France ! Matra avait certes déjà été sacré, mais cette fois Renault ne doit rien à personne puisque le constructeur français développe ses propres moteur et châssis (ce dernier toutefois fabriqué à Enstone, dans l'Oxforshire). Présent une première fois en F1 de 1977 à 1986, Renault, qui avait entre temps été sacré en tant que motoriste pour Benetton et pour Williams, revient en 2000. Et patiente cinq ans avant de connaître les honneurs en son nom propre.
Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /2009 17:45
- Publié dans : Un peu d'histoire... - Par B.R.
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