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Direction Manchester... Deuxième du groupe  E derrière le Barça, l'OL n'avait que peu de chances d'échapper à un ogre en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Les Lyonnais recroiseront donc la route des Diables rouges, qu'ils n'avaient réussi à vaincre voilà un peu plus de trois ans (un nul 2-2 à Gerland, une défaite 2-1 à Old Trafford). Invaincus (cinq succès, un nul) jusqu'ici dans cette édition 2007-08, les Mancuniens n'en redoutaient toutefois pas de tomber sur la bande à Juninho : "c'est un tirage difficile. Lyon était probablement la meilleure équipe du deuxième chapeau."  Même son de cloche chez Alex Ferguson, guère plus confiant que ses dirigeants : "c'est l'équipe la plus difficile des cinq que nous pouvions affronter. J'espère simplement avoir tous mes joueurs à disposition avant le match aller pour pouvoir choisir l'équipe que je veux."

Sur le terrain, l'OL jouera sans doute presque à jeu égal avec son rival. Reste à savoir s'il en sera de même côté tribune. A en juger par ce documentaire signé Bruno Raymond, à l'époque du quart de finale contre le Milan AC il y a deux ans, il n'y a pas de quoi douter...





Vendredi 21 décembre 2007
par B.R. publié dans : Un peu d'histoire...
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todt-frequelin.jpgL'histoire prend parfois de drôles de raccourcis. Sans doute le duo le plus efficace du sport automobile français moderne, Jean Todt et Guy Fréquelin ont décidé, sans se concerter, de se retirer des paddocks à la fin de la saison. Sur un ultime succès. Destins croisés.

Avant de devenir le petit Napoléon de la Scuderia Ferrari, Jean Todt a longtemps cotôyé le milieu des rallyes. Une première expérience au volant de la Mini Cooper de son père, guère concluante, avant de mettre ses qualités de stratège et de meneur au service de son ami Guy Chasseuil, dont il devient le copilote attitré. Et de se faire repérer par l'écurie Talbot, filiale du géant Peugeot, engagée sur les routes du championnat du monde de la spécialité.

Depuis Renault et sa légendaire Alpine en 1973, année de la première édition du WRC, aucune marque française n'est parvenue au sommet du classement constructeur. Fréquelin et Todt échoueront certes à la deuxième place du championnat des pilotes 1981, derrière le Finlandais Ari Vatanen. Mais réussiront quand même cette année-là à mener leur équipe au titre mondial constructeurs. Comme un symbole.

Ses activités extrasportives l'ayant amené assez loin dans ses rapports avec les instances dirigeantes de la Fédération Internationale, Jean Todt choisit de se ranger des voitures. Il quitte son baquet pour prendre la direction sportive de Peugeot, qui, en pleine crise structurelle, cherche à imposer une nouvelle image. Ce sera celle de la 205 Turbo, qui écrase la concurrence en 1985 et 1986. Avant de se lancer dans l'aventure rallye-raid. Avec toujours autant de succès : cinq consécutifs dans le Paris-Dakar. Dont celui de 1987, quand Jean Todt decidé de désigner à pile ou face le vainqueur entre Vatanen et Jacky Ickx. Dominatrice sur les routes, Peugeot le devient également sur circuit grâce à sa 905, qui survole les 24 Heures du Mans en 1992 et 1993. Et l'on commence à parler de l'arrivée de la marque au lion en Formule 1.

todtschumacher.jpgLas, Jean Calvet n'est pas sur la même longueur d'ondes. Selon lui, les frais d'engagement et de fonctionnement sont trop lourds pour une entreprise qui commence à peine à redresser financièrement la barre. Après douze ans de succès, Jean Todt quitte Peugeot. Direction l'Italie. Ferrari s'est récemment mise au français en alignant la doublette Prost-Alesi. Techniquement, l'écurie n'est pourtant pas au niveau, Alain Prost allant même jusqu'à comparer sa voiture à un camion. Ecarté par le patron de l'époque Piero Fusaro, le triple champion du monde refuse de cèder à Luca Di Montezemolo, qui ne peut compter sur son remplaçant, Ivan Capelli, pour redresser la situation. Autant dire que Todt débarque en juin 93 dans une équipe qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Bien loin de sa légende. Il ne lui faudra qu'un an pour renouer avec la victoire : Gerhard Berger remporte le GP d'Allemagne 94 et met fin à quatre ans de disette pour la Scuderia.

Il lui faudra quand même encore quelques années pour retrouver le sommet. En 96, le double champion du monde en titre Michael Schumacher quitte Benetton et rejoint Ferrari. Trois ans plus tard, l'écurie remporte son premier championnat du monde des constructeurs depuis 1983, débutant un règne de six saisons, interrompu en 2005 par Renault. L'année suivante, Schumi décroche sa troisième couronne individuelle. Ferrari est de nouveau n°1. Et le petit Jean Todt de rentrer dans le monde des grands, faisant son apparition dans les pages people au bras de sa compagne, l'ex-James Bond girl Michelle Yeoh, de seize ans sa cadette. Désormais directeur de la marque Ferrari, il est même décoré au rang de Grand Officier de la Légion d'honneur. Et de faire une apparition au cinéma dans la prochaine version d'Astérix et Obélix. Oubliées les polémiques nées des positions toujours individualistes de son équipe vis-à-vis du reste de la F1...

frequelinloeb.jpgMalgré leur séparation sportive, Todt et Guy Fréquelin ont suivi la même trajectoire. En prenant les rênes de l'écurie Citroën Sport en 1989, l'ancien pilote, qui a lui choisi de rester dans le giron du groupe PSA, a dû patienter plus d'une décennie avant de voir son travail de l'ombre récompensé. Et comme son ancien partenaire avec Schumacher, c'est sa rencontre avec un autre pilote d'exception qui va bouleverser sa vie et l'exposer en pleine lumière.

Vainqueur du trophée Saxo Kit Car en 1999, Sébastien Loeb intègre la structure officielle de la marque aux chevrons l'année suivante. Car Citroën prépare un gros coup : la succession de Peugeot au championnat du monde WRC. L'écurie française débarque en 2003. Et Loeb devance ses coéquipiers McRae et Sainz au classement des pilotes. Sans parvenir à dominer Petter Solberg, sacré champion du monde. Citroën n'en a cure puisqu'elle décroche le titre  mondial constructeurs. Elle le conservera durant encore deux ans, tandis que Loeb s'adjuge enfin la couronne individuelle. La direction décide de se retirer en 2006, le temps de fourbir sa nouvelle arme, la C4 WRC. Loeb s'impose donc au volant d'une Citroën privée, tout en participant au développement du nouveau modèle. Qui lui permettra de rester au sommet durant la saison 2007.

Encore deux rallyes et Guy Fréquelin quittera à son tour la compétition. En attendant les étapes d'Irlande et du Pays de Galles, son écurie court après la victoire. Avec 44 points de retard sur Ford, Citroën aura du mal à remporter le titre constructeurs. Il lui reste pourtant son joker à jouer : Loeb ne compte lui que quatre points de déficit sur le leader Grönholm au classement des pilotes. Un joli cadeau de retraite quand même pour son mentor. Comme lui simple chevalier de la Légion d'honneur.
Lundi 12 novembre 2007
par B.R. publié dans : Un peu d'histoire...
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David Beckham a donc ouvert une brèche. Non pas grâce à l'un de ses centres au millimètre, mais en rejoignant cet été la Major League Soccer, la ligue professionnelle américaine de football. Car pour s'offrir les services du métrosexuel le plus célèbre du monde, les Los Angeles Galaxy ont obligé les dirigeants à modifier leur réglement, drastique, concernant les salaires. Aux Etats-Unis, les ligues professionnelles privilégient toutes la concurrence. Tant en NBA qu'en NFL, NHL ou MLB, chacun a accepté de plier au "salary cap" (également en vigueur dans le rugby anglais), une limite à ne pas dépasser pour la rémunération globale de son effectif. On imagine la même chose en Europe : finis les Chelsea, Inter ou Real Madrid, qui se payent sans compter ce que le ballon rond offre de plus onéreux...

L'"exception Beckham", adoptée cet été pour trois ans, permet à chacune des treize franchises de la MLS de s'offrir un joueur hors limite : sur son salaire annuel, seulement 400.000 dollars sont retenus sur les 1,9 millions de l'enveloppe globale, le reste étant illimité pour se permettre d'attirer des vedettes en rivalisant financièrement avec les clubs du reste du monde. Et après Los Angeles, d'autres équipes ont profité de l'aubaine : Dallas (Denilson), Chicago (le Mexicain Blanco) et New York, qui a fait encore plus fort en récupérant le ticket des Chivas USA et en signant rien moins que deux joueurs sans limite (Angel et Reyna). Désormais sponsorisée par le géant Red Bull, la franchise de la Grosse pomme s'apprête pourtant à frapper encore plus fort puisque Ronaldo a été approché. Et l'on dit que l'offre de 14 millions d'euros ne serait pas pour déplaire au Milan AC, son employeur actuel. En espérant que les responsables de la ligue US se souviennent encore du fiasco NASL. L'ancêtre de la Major League avait elle aussi succombé à la tentation en s'offrant sans compter nombre d'étoiles sur le déclin. Avant de faire banqueroute et de disparaître de la planète football. Petite revue d'effectif...


chinaglia-copie-1.jpgGrandeur et décadence d'une équipe. D'une époque. Auteur de l'excellent documentaire Once in a Lifetime, récemment diffusé sur Canal +, en 2006, Paul Crowder a parfaitement résumé l'état d'esprit des propriétaires des New York Cosmos, mythique équipe américaine réunissant, comme au All Star Game, la plupart des stars du moment. Le roi Pelé (qui refusa d'intervenir dans le film, réclamant près de 100.000 dollars pour un simple entretien), Franz Beckenbauer, Carlos Alberto... Rien moins que trois champions du monde dans une compétition pourtant peu relevée jusqu'ici. Jusqu'à ce que les dirigeants ne se décident à favoriser l'arrivée des étoiles durant les années 70.

Sur le papier, l'idée était alléchante. Elle l'a souvent été aussi sur le terrain avec cinq des dix-sept titres NASL remportés par les Cosmos. Pas forcément en coulisses, surtout avec l'arrivée de l'attaquant italien Chinaglia dès 1976. Très proche de ses dirigeants, l'ancien de la Lazio, demi-finaliste lors du Mondial 74, a en effet régné en despote sur le vestiaire. Au point de se fâcher avec toutes les autres vedettes. Individualiste à l'excès, Chinaglia a donc trouvé outre-Atlantique le terrain idéal à sa mentalité. Au point d'en prendre la nationalité puis de racheter la franchise lors de la faillite de la NASL en 1984. Sans pouvoir l'empêcher de disparaître à son tour.


cruyff.jpgQue faire quand ses adversaires embauchent à tour de bras les joueurs les plus célèbres du monde ? C'est simple, il suffit de suivre la tendance. Et voilà comment, après George Best (de 76 à 78), Johan Cruyff s'engage avec les Aztecs de Los Angeles. Débarqué en Californie en même temps que son compatriote Suurbier, le meneur de jeu, trois Coupes des champions consécutives avec l'Ajax et une finale de Coupe du monde avec les Pays-Bas, amène avec lui son numéro 14. Le plus demandé par les fans de l'époque. A L.A., Cruyff gagne un surnom, El Salvador. Mais pas de nouveau trophée.

Lui qui avait déjà effectué un essai à New York rejoint la côte est en 1980 en signant avec les Washington Diplomats. Qui se feront éjecter des play-offs par... Los Angeles. S'en est trop pour Johan Cruyff qui se justifie par son aversion pour les terrains synthétiques et qui décide, à 34 ans de retrouver l'Europe. Il arrêtera finalement sa carrière trois ans plus tard après une tournée d'adieu de trois saisons à Levante, Milan, Ajax et Feyenoord. Champions pour la seule et unique fois en 1974, les Aztecs, eux, jetteront l'éponge en 1981, lâchés par tous leurs actionnaires. Même par Elton John, qui n'a pourtant jamais rechigné à beaucoup payer pour sa passion pour le ballon rond. La Ligue, elle, est définitivement sur le déclin...


"Banks of England" est une institution outre-Manche. Gardien titulaire de la sélection nationale de 1963 à 1972, il est entré dans la légende durant l'été 66 grâce au succès de l'Angleterre dans "sa" Coupe du monde. Considéré encore aujourd'hui, au même titre qu'un Lev Yachin ou qu'un Dino Zoff, comme l'un des meilleurs portiers de l'histoire, Gordon Banks n'a paradoxalement pourtant jamais évolué dans une équipe de premier plan.

Passé par Chesterfield, Leicester et Stoke City durant sa carrière britannique, il a récidivé en passant en NASL en s'engageant avec les Strikers de Fort Lauderdale. Un coin paisible de Floride idéal pour la retraite. Dont Banks n'a jamais été aussi près en cet été 77, la faute à un maudit accident de voiture qui l'a privé de l'usage d'un oeil. Resté célèbre pour un arrêt fantastique à bout portant de Pelé durant le Mondial 70, Gordon Banks a donc lui aussi suivi la mode initiée par ses compatriotes Alan Ball (Philadelphie) ou Geoff Hurst (Seattle), eux aussi champions du monde, partis pour un ultime contrat que l'autre côté de l'océan. Anonymes au milieu d'un pays se contrefoutant complètement du ballon rond. Un sacré choc quand même pour des dieux vivants dans leur pays... Qui ne tarderont pas à y retourner pour continuer à capitaliser sur leur titre de 1966. Dont l'Angleterre ne s'est en fait toujours pas remise.


eusebio.jpgAvant de devenir ce gros monsieur que l'on aperçoit en tribune à chaque sortie du Benfica Lisbonne ou de la sélection portugaise, Eusebio était surnommé "la panthère noire". L'un des joueurs les plus doués de sa génération. La vedette absolue pour tout un pays qui acceptait pourtant encore difficilement de faire un peu de place à ceux venus des lointaines colonies d'Afrique, Angola, Mozambique ou Cap Vert.

Comment ne pas craquer face à la prestance, à la technique et à la vitesse de la perle Eusebio ? Sur le banc lors de la finale de la Coupe des champions 61 remportée par le Benfica face à Barcelone, c'est lui le héros de l'édition suivante, qui voit le club lisboète conserver son trophée face au grand Real Madrid (5-3, dont deux buts d'Eusebio). Il sera encore là quand le club retrouvera par trois fois la finale (trois défaites, en 63 contre le Milan AC, en 65 face à l'Inter et en 68 contre Manchester). Ballon d'Or 65, demi-finaliste du Mondial 66 (meilleur buteur avec neuf réalisations), Eusebio se verra même statufier par ses dirigeants. Avant de rejoindre lui aussi l'Amérique. Et d'y remporter le championnat en 76 avec les Metros-Croatia de Toronto, un an après son arrivée à Boston. Il terminera à 35 ans son périple américain sur une vilaine blessure avec Las Vegas. Qu'il quittera finalement pour retourner au pays.


beardsley.jpgBien sûr, Peter Beardsley n'est pas le joueur le plus connu à avoir évolué en NASL. Loin de là. Mais, alors que les clubs avaient pour habitude de recruter des vedettes en fin de vie sportive, les Vancouver Whitecaps, champions deux ans auparavant, ont choisi d'innover en engageant durant l'été 81 un jeune anglais d'à peine 20 ans. Le natif de Newcastle, qui s'était vu refuser plus jeune l'accès à l'équipe pro de son club de toujours, venait de briller avec la petite formation de Carlisle United (26 buts). Sans parvenir à convaincre.

Nul n'est prophète en son pays... Et un exil forcé outre-Atlantique, où la franchise canadienne accepta de verser près de 400.000 euros à son ancienne équipe. Un an auparavant, un des compatriotes de Beardsley, Mark Hateley, avait suivi le même chemin en s'engageant avec les Detroit Express. L'Angleterre allait apprendre à les connaître : les deux joueurs étaient retenus en 1986 pour disputer la Coupe du monde au Mexique. Le sélectionneur d'alors avait entendu parler de leur expérience américaine, qui s'avéra finalement payante... Vingt ans plus tard, Beardsley comptait 59 apparitions en équipe nationale quand il a tiré sa révérence internationale. Et tous les supporters ont oublié d'où il venait, lui qui a finalement réalisé son rêve de s'imposer à Newcastle. Où il est aujourd'hui toujours salarié.
Vendredi 9 novembre 2007
par B.R. publié dans : Un peu d'histoire...
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tenniscocaine.jpgComme une violente déflagration dans l'univers aseptisé du tennis féminin. Elle qui a fourni tant d'efforts tout au long de ses dix ans de carrière pour garder son image de petite princesse de la raquette vient de tout faire voler en éclat. Contrôlée positive à la cocaïne lors de la dernière édition de Wimbledon, Martina Hingis ne pouvait imaginer pire scénario. Programmée pour gagner par une mère omnipotente, qui a pendant longtemps maîtrisé, parfois jusqu'à la caricature, le côté "oie blanche" d'une joueuse pourtant plus rock'n'roll, voire sournoise, que ce qu'on en voyait sur le court ou lors des conférences de presse (Amélie Mauresmo, qualifiée en 1999 de "demi-homme", peut en témoigner...), Hingis a longtemps tout prévu. Tout réussi. Sauf sa sortie.

Elle n'est pourtant pas la première championne prise le nez dans le sac. Et une condamnation pour consommation de cocaïne, souvent simplement considérée comme une drogue récréative (et longtemps uniquement interdite durant les périodes de compétition), n'est pas toujours synonyme de fin de carrière. Tout dépend de la façon de se défendre.

Mats Wilander (tennis, 1995)
Trois Roland-Garros, trois Open d'Australie, un US Open, sept finales consécutives en Coupe Davis et de longues semaines tout en haut du classement ATP : Mats Wilander est un gros client. Sur le circuit de 1981 à 1996, le Suédois a quasiment tout raflé. Tout en conservant son image de gendre idéal, considéré pendant toute sa carrière comme l'un des joueurs les plus fair-play. Notamment grâce à son attitude durant la demi-finale de Roland-Garros face à l'Argentin José Luis Clerc en 1982. Alors que l'arbitre vient d'annoncer sa victoire sur un ultime "jeu, set et match", Wilander rend le point à son adversaire. Ce qui ne l'empêchera évidemment pas de s'imposer peu après, puis de remporter le tournoi. Pourtant, en 1995, toujours à Paris, lui et son partenaire de double Karel Novacek sont convaincus d'usage de cocaïne et suspendus pour trois mois. De quoi ternir un peu sa fin de carrière, qu'il officialisera finalement un an plus tard. Dix ans après, sa faute est pardonnée.

Gilberto Simoni (cyclisme, 2002)
Comme quoi les excuses les plus farfelues ne sont pas forcément les pires. Alors que la drogue fait des ravages dans le peloton (Marco Pantani et José Maria Jimenez en paieront d'ailleurs le prix fort les années suivantes), Gigi Simoni, vainqueur du Tour d'Italie la saison précédente, fait figure de favori pour réitérer sa performance en 2002. L'équipe Saeco y croit et a mis le paquet pour le mener à la victoire finale. Il se distingue d'ailleurs avec un succès d'étape. Avant d'être brutalement exclu de la compétition pour un contrôle positif à la cocaïne. Pour sa défense, Simoni affirme que la drogue se trouvait dans des gâteaux ramenés du Pérou par une de ses tantes. Abracadrabantesque... jusqu'à ce que l'analyse des friandises ne confirme sa version. Le coureur sera finalement blanchi. Pantani décédera lui deux ans plus tard d'une overdose.

Javier Sotomayor (athlétisme, 1999)

Certains disent que la cocaïne donne des ailes. La preuve avec le Cubain, toujours détenteur, depuis quatorze ans, du record du monde du saut en hauteur (2,45 m). Champion olympique à Barcelone en 1992, champion du monde en 1993 et 97, Sotomayor a longtemps survolé sa discipline. Jusqu'à un contrôle positif aux Jeux Panaméricains de Winnipeg en 1999. Sotomayor, à l'origine suspendu pour deux ans, plaidera un usage récréatif auprès des instances internationales. Il sera entendu et sa condamnation réduite de moitié pour pouvoir participer aux J.O. de Sydney en 2000 (il y prendra la médaille d'argent). Le mythe s'effondrera pourtant entièrement un an plus tard, des traces de nandrolone étant retrouvées dans ses urines. Pas de pitié : Sotomayor est cette fois suspendu à vie.

Pieter de Villiers (rugby, 2003)

C'est aussi ça le côté showbiz du Stade Français. Naturalisé quatre ans auparavant pour intégrer le XV de France lors du Mondial 99, le pilier d'origine sud-africaine goûte pas mal aux plaisirs de la vie parisienne. Quoi de plus normal pour un cadre du club de Max Guazzini ? Sauf que les sorties nocturnes dans la capitale ont parfois un goût d'interdit. Et que s'y procurer cocaïne et ecstasy n'est pas franchement très compliqué. Le problème, c'est que c'est incompatible avec la vie de sportif de haut niveau. De Villiers en fait l'amère expérience lorsque son contrôle positif est révélé durant l'année 2003. L'intention de s'amuser est certes prouvée, et sa sanction finalement réduite, il n'empêche que De Villiers sera privé de Coupe du monde. Dommage pour les Bleus.

Jonathan Bachini (football, 2006)

Les footballeurs consommateurs sont légion. Robbie Fowler, Adrian Mutu, René Higuita, Diego Maradona... Pas mal de noms beaucoup plus ronflants que celui de Bachini. Mais aucun n'a fait pire que l'ancien espoir italien, suspendu une première fois durant neuf mois en septembre 2004. Erreur de jeunesse ? Difficile à plaider à déjà 29 ans... Pas de quoi freiner les envies du joueur, rattrapé par la patrouille moins de deux ans plus tard. La fois de trop pour les autorités, qui décidèrent de le bannir à vie. Il aurait dû demander conseil à l'attaquant du Milan AC Marco Borriello, lui aussi contrôlé positif à deux reprises et qui s'est justifié sans se démonter en expliquant qu'une crème intime utilisée par sa copine en était à l'origine. C'est bien connu, plus c'est gros, plus ça passe...

Vendredi 2 novembre 2007
par B.R. publié dans : Un peu d'histoire...
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holyfieldtapis.jpg"J'aurais mieux fait de rester coucher". Une maxime qui s'applique aussi souvent aux vedettes sur le retour... Evander Holyfield a ainsi tenté un improbable come-back ce samedi à Moscou. Mais, à 45 ans, il aurait dû se méfier : désormais, ce sont bien les Russes les maîtres de la catégorie. Rocky IV disait vrai : Ivan Drago Sultan Ibragimov a mis fin aux rêves de l'Américain. Qui ne sera pas le premier boxeur de l'histoire à remporter cinq fois le titre chez les lourds. Holyfield, qui s'est incliné sur décision des arbitres, aurait dû se plonger dans les archives du noble art  : excepté George Foreman, qui réalisa jadis deux improbables exploits pour reprendre son bien passé 40 ans, tous les plus grands de la catégorie s'y sont cassés les dents. Et  si aucun n'a finalement écorné sa légende, pas sûr qu'ils aient fait le meilleur choix en retournant au combat...

Mohamed Ali (vs Larry Holmes, 2 octobre 1980, Las Vegas)

Même les plus grands se retirent parfois dans l'indifférence générale. Qui se souvient que le "Greatest" a définitivement remisé les gants après une seconde défaite de rang, un soir de décembre 1981 aux Bahamas ? Mohamed Ali, qui avait pourtant tout raflé, de l'or olympique aux titres unifiés chez les lourds, en un peu plus de vingt ans de carrière, au point d'être élu "sportif du XXe siècle" quelques années plus tard, n'a pas su dire stop quand il le fallait.

Revenu une première fois de l'enfer après avoir refusé de servir au Vietnam ("aucun Vietcong ne m'a jamais traité de nègre"), Ali, champion du monde à 25 ans sous le nom de Cassius Clay, a pourtant su forcer son destin pour récupérer sa ceinture sept ans plus tard, après trois longues années de suspension et un premier revers retentissant contre Joe Frazier en 1971. Lui qui se rêvait invaincu comme Rocky Marciano aurait pu déjà tout abandonner. Il n'en fut rien. George Foreman, invaincu jusque-là en quarante combats et battu à Kinshasa lors du désormais légendaire Rumble in the Jungle s'en souvient encore...

Ce qui était valable à 32 ans ne l'était malheureusement plus à 39. S'il avait su prendre sa revanche sur Leon Spinks et récupérer à nouveau son titre trois ans auparavant, Ali ne pouvait rien contre le poids des ans, sans doute son plus redoutable adversaire. Qui l'avait d'ailleurs contraint à annoncer son retrait définitif le 27 juin 1979. Jusqu'à ce que ce diable de Don King ne le convainc de relever le défi face à Larry Holmes. Volonté d'écrire la légende (il aurait été le premier boxeur de l'histoire à remporter le titre chez les lourds quatre fois) ? Appât du gain ? Sûr de son coup face à son ami et ancien sparring partner, Mohamed Ali allait tomber de haut ce 2 octobre 1980 avec son unique défaite avant la limite. Battu par un homme qui reconnaîtra plus tard avoir retenu ses coups par respect pour son idole. Sans doute la pire insulte pour un boxeur de la trempe d'Ali.

Joe Louis (vs Ezzard Charles, 25 septembre 1950, New York)


Longtemps avant Mohamed Ali, un autre boxeur afro-américain a marqué la discipline. Champion du monde des poids lourds de 1937 à 1949, Joe Louis reste, encore aujourd'hui, parmi les légendes du noble art. Notamment grâce à un combat épique en juin 1938, deux ans après son unique revers contre le même adversaire, face au colosse allemand Max Schmeling. Comme Jesse Owens aux J.O. de Berlin, son succès est un symbole alors que les nazis s'apprêtent à tenter d'imposer leurs idées racistes par la force. A noter toutefois que Louis et Schmeling resteront très proches, ce dernier finançant plus tard plusieurs opérations et participant aux obsèques du champion américain en 1981.

Héros de la Seconde guerre mondiale, Joe Louis décida de se retirer fin 1949. Jusqu'au passage du fisc, qui, selon la légende, ne lui laissa en tout et pour tout que 600 dollars. Et l'ancien champion de tenter un retour dans le circuit. Face à Ezzard Charles, son successeur au palmarès mondial. Las, la décision des juges fut unanime et son adversaire déclaré vainqueur. Les plus belles années de Joe Louis étaient derrière lui. Incapable de retrouver son niveau, malgré quelques coups d'éclat, il acheva sa carrière gants aux poings face à Rocky Marciano en 1951 lors de son neuvième combat de l'année. Et termina sa vie sans argent.

Mike Tyson (vs Lennox Lewis, 8 juin 2002, Memphis)

Le crépuscule de l'homme de fer, ombre de lui-même depuis sa sortie de prison sept ans plus tôt. Lui qui avait réussi à réunir toutes les ceintures chez les lourds en 1987, devenant l'un des plus jeunes champions du monde de l'histoire, ne s'est jamais remis de ses deux ans d'incarcération pour viol. Son double duel face à Holyfield en 96-97 restera d'ailleurs célèbre sous le nom du "Bite Fight", Tyson étant disqualifié pour avoir arraché l'oreille de son adversaire d'un coup de dents : la     preuve de son instabilité, latente avant son séjour à l'ombre, criante depuis... Battu à une seule reprise en 42 combats jusqu'en 1991, il fut ensuite dominé cinq fois (plus deux no contest) en seize sorties. Dont deux ultimes revers face aux obscurs Daniel Williams et Kevin McBride. Son combat face à Lennox Lewis fut sa dernière chance d'unifier trois ceintures (IBF, IBO et WBC). Sans succès. Au tapis au huitième round. Ce qui avait marqué le monde entier lors de son revers face à James Buster Douglas en 1990 s'était finalement banalisé.

Tommy Morrison (vs John Castle, 22 février 2007, Chester)

Ok, le Duke n'est pas ce qu'on peut appelé un grand nom de la boxe. Son nom ne vous dit d'ailleurs peut-être rien. Et pourtant... Petit neveu de l'acteur John Wayne, champion du monde des poids lourds, séropositif, inculpé pour trafic de stupéfiants... La vie de Tommy Morrison valait bien un film. Tant pis si Rocky V est sans doute le pire de la série : c'est bien lui que Sylvester Stallone a choisi pour interpréter Tommy Gunn, le jeune rival du vieil étalon italien... Un coup d'essai à Hollywood à l'image de la carrière du boxeur : pas mal décousue. Car malgré ses titres WBO et IBC (quasiment deux "sous-catégories"), Morrison a souvent servi de sac de frappe. D'abord contre Ray Mercer en 1991, qui s'acharna sur lui après la cloche (fracture de la mâchoire et du bras), puis face à Lennox Lewis (qui l'envoya au tapis à chacune des six reprises) en 1995.

Début 2007, Morrison tenta un coup de poker pour le moins foireux : prétendant avoir été abusé à l'annonce de sa séropositivité onze ans auparavant, il se présenta devant la commission de boxe américaine avec un certificat prouvant qu'il n'avait pas contracté la maladie. Le temps d'affronter (et de battre) John Castle avant que la vérité n'éclate : le certificat médical était un faux.
Dimanche 14 octobre 2007
par B.R. publié dans : Un peu d'histoire...
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