L'opération réhabilitation est un véritable succès pour la WWE. La fédération de catch professionnel américaine est de retour sur le marché et elle rafle tout sur son passage. Les gamins de
France s'arrachent les masques de Rey Mysterio tout en reproduisant les gimmicks de John Cena dans les cours de récré, les chaînes de télévision cablées multiplient les rediffusions de ses trois
ligues sous licence. Et voilà que Darren Aronofsky lui offre sa caution artistico-culturelle à la faveur d'un Wrestler sur les traces de Rocky. Mickey Rourke, ancien boxeur à l'éphémère
carrière pro, plus vrai que nature dans le rôle d'une vieille gloire de la discipline incapable de raccrocher, est le trait d'union idéal entre Sylvester Stallone et Shawn Michaels. La preuve
vivante que, sur le ring, on ne triche pas vraiment. Et la réponse à la fameuse question : non, le catch, ce n'est pas pour de faux. Dix ans auparavant, un documentaire méconnu le prouvait
déjà.
1999. La WWF n'a pas encore été débaptisée. Elle qui possédait le quasi monopole dans le secteur du catch est assaillie depuis peu aux extrêmes par la WCW. La version "hardcore" de la discipline grignote des parts de marché et pousse même l'outrecuidance jusqu'à débaucher les vedettes de sa rivale, ringardisée, à l'image des outrances vestimentaires de Goldust et consort. Randy "Macho Man" Savage, Kevin "Diesel" Nash, Bret "Hitman" Hart : tous quittent le navire pour la flotte de luxe du milliardaire Ted Turner, qui avait déjà fait de Hulk Hogan et de Ric Flair ses têtes de proue.
La famille McMahon, qui règne sans partage sur la WWF depuis quatre générations, a flairé le bon filon. Les Américains ne veulent pas qu'on triche ? On va leur en donner pour leur argent... Fini le style bling bling, place à la baston, comme dans les bars. Gueules de videurs et de bikers, coups de guitares, de queues de billard ou lancer dans les barbelés : il faut que ça saigne, comme à l'ECW, ligue professionnelle extrême chez laquelle la WWF vient faire son marché.
Un an auparavant, Mankind, sorte d'Hannibal Lecter aux noires incantations, venait de décrocher la toute première ceinture de "Hardcore Champion", catégorie disputée selon des règles très largement inspirées de la concurrence. Sous le masque, Mick Foley, légende vivante du catch sans limite. Barry Blaustein, dont le travail le plus connu jusqu'alors reste l'écriture du 2e volet de la délébile série des Police Academy, décide de lui coller au train. Le réalisateur s'entiche de Foley et de toute sa famille. Et l'on découvre un homme à l'exact opposé de ses différents personnages sur le ring.
Les aspirations de Foley sont finalement les mêmes que tout le monde. Et il avoue, au détour d'une baignade avec son fils, se battre uniquement pour assurer un avenir à ses enfants, avant de se retirer et de pouvoir les regarder grandir.
Lui rêve d'arrêter, d'autres ne peuvent décrocher. Codisciplinaire du temps de l'ECW, Terry Funk est, lui aussi, revenu dans le giron de la WWF. Sur les circuits depuis plus de trente ans, l'ex "Chainsaw Charlie" a été l'un des pionniers du hardcore, au début des années 90. La faute à une carrière en dents de scie, qui ne lui a jamais ouvert les portes de la gloire. Sur le marché du catch aussi, les places sont chères. Difficile d'y faire fortune quand on n'est pas une superstar. Et Funk de traîner sa carcasse abîmée par les coups sous les ordres de Vince McMahon.
Le parrain avait donné son accord et ouvert les portes des coulisses à la caméra de Blaustein. C'était avant de découvrir son propre reflet : celle d'un patron sans scrupule, prêt à humilier et à détruire ses employés pour mieux vendre son show. Toujours plus violent, à l'image du massacre du "I Quit" match durant le Royal Rumble. Mick Foley s'y fait littéralement arracher le visage à coups de chaise par The Rock, sous le regard terrorisé de son épouse et les pleurs de ses enfants.
"Le film que Vince McMahon ne veut pas que vous voyiez" (comme l'accroche retenue par ses producteurs au moment de sa sortie en DVD) fait partie de ceux retenus par Darren Aronofsky pour préparer le sien. On dit même que son héros est largement inspiré du portrait qui y est dessiné du vétéran Jake "The Snake" Roberts, qu'on dit maintenant accro aux drogues les plus dures. Presque le requiem pour un rêve.
1999. La WWF n'a pas encore été débaptisée. Elle qui possédait le quasi monopole dans le secteur du catch est assaillie depuis peu aux extrêmes par la WCW. La version "hardcore" de la discipline grignote des parts de marché et pousse même l'outrecuidance jusqu'à débaucher les vedettes de sa rivale, ringardisée, à l'image des outrances vestimentaires de Goldust et consort. Randy "Macho Man" Savage, Kevin "Diesel" Nash, Bret "Hitman" Hart : tous quittent le navire pour la flotte de luxe du milliardaire Ted Turner, qui avait déjà fait de Hulk Hogan et de Ric Flair ses têtes de proue.
La famille McMahon, qui règne sans partage sur la WWF depuis quatre générations, a flairé le bon filon. Les Américains ne veulent pas qu'on triche ? On va leur en donner pour leur argent... Fini le style bling bling, place à la baston, comme dans les bars. Gueules de videurs et de bikers, coups de guitares, de queues de billard ou lancer dans les barbelés : il faut que ça saigne, comme à l'ECW, ligue professionnelle extrême chez laquelle la WWF vient faire son marché.
Un an auparavant, Mankind, sorte d'Hannibal Lecter aux noires incantations, venait de décrocher la toute première ceinture de "Hardcore Champion", catégorie disputée selon des règles très largement inspirées de la concurrence. Sous le masque, Mick Foley, légende vivante du catch sans limite. Barry Blaustein, dont le travail le plus connu jusqu'alors reste l'écriture du 2e volet de la délébile série des Police Academy, décide de lui coller au train. Le réalisateur s'entiche de Foley et de toute sa famille. Et l'on découvre un homme à l'exact opposé de ses différents personnages sur le ring.
Les aspirations de Foley sont finalement les mêmes que tout le monde. Et il avoue, au détour d'une baignade avec son fils, se battre uniquement pour assurer un avenir à ses enfants, avant de se retirer et de pouvoir les regarder grandir.
Lui rêve d'arrêter, d'autres ne peuvent décrocher. Codisciplinaire du temps de l'ECW, Terry Funk est, lui aussi, revenu dans le giron de la WWF. Sur les circuits depuis plus de trente ans, l'ex "Chainsaw Charlie" a été l'un des pionniers du hardcore, au début des années 90. La faute à une carrière en dents de scie, qui ne lui a jamais ouvert les portes de la gloire. Sur le marché du catch aussi, les places sont chères. Difficile d'y faire fortune quand on n'est pas une superstar. Et Funk de traîner sa carcasse abîmée par les coups sous les ordres de Vince McMahon.
Le parrain avait donné son accord et ouvert les portes des coulisses à la caméra de Blaustein. C'était avant de découvrir son propre reflet : celle d'un patron sans scrupule, prêt à humilier et à détruire ses employés pour mieux vendre son show. Toujours plus violent, à l'image du massacre du "I Quit" match durant le Royal Rumble. Mick Foley s'y fait littéralement arracher le visage à coups de chaise par The Rock, sous le regard terrorisé de son épouse et les pleurs de ses enfants.
"Le film que Vince McMahon ne veut pas que vous voyiez" (comme l'accroche retenue par ses producteurs au moment de sa sortie en DVD) fait partie de ceux retenus par Darren Aronofsky pour préparer le sien. On dit même que son héros est largement inspiré du portrait qui y est dessiné du vétéran Jake "The Snake" Roberts, qu'on dit maintenant accro aux drogues les plus dures. Presque le requiem pour un rêve.
Vendredi 20 février 2009
5
20
/02
/2009
00:42
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Publié dans : Ecran total
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Par B.R.
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"Je t'aime, moi non plus." On connaissait la
rengaine, signé Serge Gainsbourg. La LFP et Canal+ nous en offre depuis plus d'un an un drôle de remixe. A moins d'avoir été nourri au lait de l'ORTF, impossible de savoir ce que seraient les
retransmissions télé de la L1 sans la chaîne cryptée, son diffuseur officiel depuis 1984. Qui lui a quand même beaucoup apporté au niveau de l'image. Pour se faire une idée, il suffit pourtant de
se brancher à Ma Chaîne Sport chaque vendredi soir pour la diffusion du championnat de seconde division. Et c'est pas terrible...












