"Je t'aime, moi non plus." On connaissait la
rengaine, signé Serge Gainsbourg. La LFP et Canal+ nous en offre depuis plus d'un an un drôle de remixe. A moins d'avoir été nourri au lait de l'ORTF, impossible de savoir ce que seraient les
retransmissions télé de la L1 sans la chaîne cryptée, son diffuseur officiel depuis 1984. Qui lui a quand même beaucoup apporté au niveau de l'image. Pour se faire une idée, il suffit pourtant de
se brancher à Ma Chaîne Sport chaque vendredi soir pour la diffusion du championnat de seconde division. Et c'est pas terrible...
Les responsables de la dernière-née du réseau Numéricable n'y sont d'ailleurs pour rien : depuis cet été, c'est la LFP qui produit ses propres images. Et la L2 n'est au final qu'un test grandeur
nature avant de s'attaquer à son produit d'appel. Flash-back : printemps 2007. Ce qui n'était semble-t-il jusqu'ici qu'une déclaration d'intention, histoire d'ébranler un peu l'omnipotent Canal+ à
un an du renouvellement de l'offre télévisuelle, devient réalité : la Ligue est décidée à fournir un programme clés en main aux diffuseurs potentiels. Premier touché, Eurosport, qui s'occupait
alors de tout en L2, refuse de se laisser dicter quoi que ce soit et passe la main en ne conservant qu'une seule rencontre, celle du lundi, dans ses programmes. A l'antenne à la rentrée, Ma Chaîne
Sport, sans beaucoup de moyens techniques, décide de profiter de ce qu'elle estime alors être une aubaine et devient le premier diffuseur du flux LFP.
Le premier bilan six mois plus tard n'est guère reluisant, et les résumés hebdomadaires du championnat y prennent trop souvent des airs de best of de France 3 Région : angles impossibles, gros plan
sur le quatrième arbitre au moment d'une passe décisive... Pas mal de misères visuelles et de ralentis inutiles. Loin, très loin des standards de Canal, référence en la matière au niveau
hexagonal.
La production d'images est un métier. Clairement pas celui de la LFP, dont les errements techniques ont peut-être pesé lourd au moment du récent appel d'offres. Où pas mal de concurrents avaient
pourtant plus de légitimité que les équipes de la Ligue. Et voilà qu'histoire d'enfoncer le clou, Canal+ se prépare à une dernière innovation appelée à marquer les téléspectateurs. L'une des
faiblesses de la Ligue en L2, c'est de ne disposer, même pour les gros matches, que de quelques angles de vue différents. Pas beaucoup de possibilités dans les replays. Canal n'est pas sûr de
conserver la L1 l'an prochain. Ce qui ne l'empêchera pas d'exploiter sa Palette+, qu'elle présentera en exclusivité lors du choc OM-PSG le 17 février prochain.
La "palette à Doudouce" est déjà une marque déposée. Presque aussi connue que les Guignols chez les amoureux de ballon rond. Qui n'en pourront mais à la vue de la nouvelle palette graphique que
Philippe Doucet aura entre les mains. Développée et commercialisé outre-Manche depuis 2004 par les Anglais de Red Bee Media, Piero, de son petit nom en version originale, permettra en effet de
synthétiser des images réelles en 2D, à la façon d'une simulation sur ordinateur. Et de reconstruire l'action dans n'importe qu'elle position. Y compris du point du gardien ou d'un juge de touche.
Voilà qui devrait pimenter un peu les soirées de championnat. Et tant pis si Canal+ ne diffuse plus la L1 : Palette+ fonctionnera très bien avec la C1 et les autres championnats européens.